Inauguration le 23 Mai 2009 du lieu d’arts LE MANOIR DE COURBESSAC - Festivités en perspectives ! Coktail et rendez vous avec différents artistes - Théâtre ! Peinture ! Sculpture ! Vidéo ! Photographie ! Gastronomie ! Design ! Clubbing ! Venez nous rejoindre - entrée libre -, ambiance et “déconnexion” garantie ! Pour plus d’informations, cliquez sur :
La troupe des Trois rivières présente «shopping», une pièce en un acte de Philippe PILATO, et «au cœur de la matière», une pièce en un acte de Pascal GUICHERD
Mise en scène: Vanessa BENZERGA – avec : Bernard BEDARIDE, Maryse BEDARIDE, Chantal BEGHIN, Pierre MEIGNAUD, Karine MISTCHOUK, Jean-Michel MULET.
«Shopping» : On croit qu'on peut oublier, s'acheter un casier vierge ou un nouveau destin. Il n'y a que des marchés de dupe, et l'argent propre, ça n'existe pas …
Entracte festif : «La création», Martine (le verger aux contes) fait voyager les mots et vous entraîne dans son univers.
«Au cœur de la matière» : une prise d’antibiotiques a perturbé la flore d’un intestin et par conséquent son bon fonctionnement. Il faut à tout prix éviter que les microbes pathogènes profitent de cette indisposition pour coloniser cet intestin, en le colonisant par des bactéries inoffensives. Mais le cerveau de l’organisme malade impose une solution plus radicale.
Entrée : 7€ (tout public) - 5€ (enfants de moins de 12 ans, chômeurs, étudiants, rmistes, abonnés)
1899 chemin de Paulet 82000 MONTAUBAN
(sortir de Montauban en direction de Castelsarrasin, tourner à gauche à hauteur des Coulandrières en direction de Montbeton, prendre la 1ère à gauche après le passage sous le pont de la SNCF)
Publié dans spectacle le janvier 15, 2009 par surlephil
THEATRE DE PAPIER
Lectures partagées
Lectures dialoguées à haute voix de pièces de théâtre contemporaines éditées par la toute nouvelle maison d’édition basée à Valbonne, Les Enfants du paradis.
Les auteurs seront là, et liront eux-mêmes des extraits de leurs pièces !
Vendredi 30 Janvier
De 13h 00 à 14h 00
Médiathèque communautaire deValbonne
1855, Route des Dolines, 06560 Valbonne Sophia-Antipolis
Tel : 04-92-19-76-00
www.mediatheque-casa.fr
THEATRE DE PAPIER
Lectures partagées
Lectures dialoguées à haute voix de pièces de théâtre contemporaines éditées par la toute nouvelle maison d’édition basée à Valbonne, Les Enfants du paradis.
Les auteurs seront là, et liront eux-mêmes des extraits de leurs pièces !
Vendredi 30 Janvier
De 13h 00 à 14h 00
Médiathèque communautaire deValbonne
1855, Route des Dolines, 06560 Valbonne Sophia-Antipolis
Noir, lumières clignotantes pendant le passage d’une rame qui s’arrête puis repart
Lumière
La jeune femme est assise sur le banc, elle regarde nerveusement à droite à gauche.Elle a un paquet de cigarettes ouvert à la main.
Le portefaix vient visiblement de descendre de la rame. Il porte un énorme sac à dos de campeur.
Le portefaix : J’ai raté ma station.
La jeune femme (s’apprêtant à allumer une cigarette) : Et alors ? Vous êtes obligé d’en faire profiter tout le monde ?
Le portefaix : C’est juste que…
La jeune femme : (se levant brusquement) J’en ai ma claque des ces gens qui ratent leur station ! A commencer par moi !
Le portefaix : Désolé…
La jeune femme (remettant la cigarette dans le paquet et rangeant celui-ci dans son sac) : C’est ça, et moi aussi ! Pourquoi vous me parlez, d’abord ?
Le portefaix : Parce qu’on est de la même race, non ? D’être humain à être humain. A priori, quand on rencontre un congénère, on ne se saute pas à la figure !
La jeune femme : Ah ouais ? Vous débarquez de la lune ou quoi ? Vous ne lisez pas les journaux ? Vous ne regardez pas la télé ? Vous n’avez pas Internet ? Vous croyez qu’ils font quoi, vos petits copains ?
Le portefaix : Vous voyez tout en noir.
La jeune femme : C’est parce que c’est la couleur de la planète. (Elle regarde à droite et à gauche)
Le portefaix :Les hommes de bonne volonté…
La jeune femme : C’est fini, tout ça, mon vieux. Ceux qui restent habitent des banlieuessinistrées où on croit encore au père Noël. On appelle ça des sectes.
Noir, fracas et lumière clignotante d’une rame qui passe sans s’arrêter. Lumière.
Le portefaix :Vous avez l’air égaré.
La jeune femme : C’est mon chien qui a l’air égaré. Sans doute parce qu’il l’est.
Le portefaix : Vous avez perdu votre chien ?
La jeune femme : Non, il s’est perdu tout seul. Qu’est-ce que vous croyez ? Que c’est un chien de manchon ? Acheté dans une boutique ? Je l’ai ramassé au bord d’une autoroute. Je passe mon temps à ça. Les enfants cassés en deux par des parents à qui il faudrait faire passer un permis. Les vieillards qu’on laisse pourrir des jours après leur mort. Les bêtes qu’on traite comme des esclaves sous prétexte qu’on s’est donné bonne conscience une fois pour toute en abolissant l’esclavage. Alors comme vous voyez, j’ai autre chose à faire que bavarder avec des inconnus qui voient la vie en rose. Rendez-vous utile. Aidez-moi à le chercher.
Le portefaix : Il est peut-être tombé sur la voie.
La jeune femme (s’approchant et lui donnant un coup de sac sur la tête) : Salaud ! Pourquoi vous dites ça ?
Le portefaix : Ça arrive, non, les chiens écrasés ?
La jeune femme (tout contre lui, menaçante) : Vous conduisiez le métro ? Vous avez tout vu ? C’est vous l’assassin ?
Le portefaix : Mais non, pas du tout ! Peut-être aussi qu’il rentrera tout seul chez vous ? Où habitez-vous ?
La jeune femme : Ben voyons.
Le portefaix (regardant autour de lui) : D’ailleurs, on est où, ici ?
La jeune femme (lui montrant la pancarte) : Vous ne savez pas lire ?
Le portefaix : World’s End. C’est de l’anglais.
La jeune femme : Y a des chances, oui, à Londres.
Le portefaix : World’s End. Finalement, le hasard a peut-être bien fait les choses. Juste ce qu’il me fallait.
La jeune femme : Un quartier mort. Vous vous ennuierez vite.
Le portefaix (se débarrassant de son sac) : Montez sur mon dos.
La jeune femme : Vous êtes fou ?
Le portefaix : Non. Pour le chien, je crois que c’est trop tard. Mais pour vous… Vous vous sentirez plus légère. (Il s’approche d’elle)
La jeune femme : N’approchez pas où je crie !
Le portefaix : Tous les péchés du monde…
La jeune femme : Qu’est-ce que vous dites ?
Le portefaix : Je dis « tous les péchés du monde ». Laissez-moi faire, je connais mon métier. Vous ne risquez rien.
La jeune femme : Pas question. Vous avez un regard de crapaud.
Le portefaix : Moi ?
La jeune femme : Et moi je suis venimeuse.
Le portefaix : Et alors ?
La jeune femme : Vous ne connaissez pas l’histoire du scorpion qui demande au crapaud de lui faire traverser la rivière ?
Le portefaix : Rassurez-vous, je suis majeur et vacciné, et j’en ai vu d’autres.
La jeune femme : C’est vrai que vous ressemblez au Père Noël avec votre hotte.
Noir. Une rame arrive en trombe, s’arrête, repart. Lumière, la jeune femme est juchée sur le dos du portefaix. Approche le jeune homme en fauteuil roulant.
La jeune femme : C’est vrai qu’on se sent plus léger. Moins seul aussi. Et maintenant ? Vous allez me jeter dans une cheminée chez des enfants qui n’ont pas été sages ?
Le portefaix : Tiens, justement, en voilà un qui arrive.
La jeune femme : Vraiment vous me gâtez !
Le jeune homme s’arrête.
Le portefaix : Approche, n’aie pas peur. Elle n’est pas aussi méchante qu’elle en a l’air.
La jeune femme : Qu’est-ce que vous en savez ?
Le jeune homme se remet à rouler avec quand même un air hésitant.
La jeune femme (au jeune homme) : Eh bien, et toi, dis quelque chose ! Qu’est-ce que tu as ?Tu es muet aussi ? Tu n’aurais pas vu un chien perdu par hasard ?
Le jeune se protège de ses bras comme pour parer des coups.
Le portefaix(au jeune homme) : Toi aussi je vais te porter.
La jeune femme : Et moi alors ? Je savais bien que j’aurais dû vous mordre.
Le portefaix : Mais justement, c’est ce que vous avez fait. Vous avez déjà oublié ?
La jeune femme : Ah oui ? J’ai fait ça, moi ? Et vous n’avez rien dit ?
Le portefaix : Si. J’ai dit, « tu es déjà pardonnée ».
Un homme[1] debout derrière la porte passe la tête sur le côté.
- Bonjour !
Il écarquille les yeux, attend un moment, puis disparaît à nouveau derrière la porte.
- Bon, d’accord. Remarquez, je vous comprends. Après tout, on se connaît pas. Qu’est-ce qu’on pourrait bien avoir à se dire ?
Un temps.
- Une porte, posée comme ça au milieu de rien, c’est sans doute plus intéressant. Plus inattendu. Enigmatique. Elle pourrait, je ne sais pas, moi, s’ouvrir ?
Un temps. Il ouvre la porte.
- Et voilà. Evidemment, c’est tout de suite moins mystérieux. Non, non, ne dites rien, j’ai compris, je retourne derrière ma porte. Dans l’anonymat. C’est mieux pour vous. Et pour moi.
Il referme la porte.
- Là. On est mieux comme ça, non ? Elle. Vous. Moi.
Un temps.
- Je sais. Vous vous dites, « Il va nous emmerder longtemps avec ses histoires de porte ? C’est qu’on a pas que ça à faire, nous ». Ça me rappelle quelqu’un qui était venu voir une de mes pièces, au début. « C’est cher pour ce que c’est ! ». Bon, oui, évidemment, c’est cher pour ce que c’est. Un mec. Une porte. Autant dire rien, quoi.
Il ouvre brutalement la porte et la referme en la faisant claquer.
- Et comme ça ? Vous préférez ? Ça vous excite ?
Il donne un coup violent dans la porte.
- Et toi ? Qu’est-ce que ça te fait ?
Silence.
- Je vois ce que c’est. Aimable comme une porte de prison.
Silence.
- J’aime pas les portes !
Silence.
- Oui, je sais, tu m’aimes pas non plus.
Silence.
- Au moins, là-dessus, on est d’accord.
Silence.
Bruit de clef tournée dans la serrure.
- Et clac ! Comme ça, c’est réglé, on n’en parle plus ! Je te boucle ! Ah ! Tu fais moins ta maline, hein ?
Silence.
- Ouais, forcément. Ne croyez pas, même derrière, on entend vos ricanements. Moi aussi je suis au placard.
Il passe la tête sur le côté et la retire.
- Enfin, presque. Elle peut pas en dire autant, elle !
Silence.
- Bon, ça va, j’arrête. Je m’évade.
Il fait le tour de la porte en courant et vient s’asseoir devant.
Signe du pouce vers la porte.
- Oui, je fais ça de temps en temps. Je la laisse gagner. Me foutre dehors. Faire sa belle. Ça la calme. Elle a l’impression de servir à quelque chose. Et moi, ça me sort un peu. Je vois du monde.
Silence.
- Enfin, y a pas non plus de quoi sauter en l’air. On peut pas dire que vous ayez beaucoup plus de conversation qu’elle.
Silence.
- J’ai l’impression de faire du porte à porte.
Silence.
-Mais l’un dans l’autre, j’ai pas à me plaindre. Au moins, je vous vois. Tandis que de l’autre côté, je peux toujours attendre. Que vous veniez sonner, ou frapper.
Silence.
- Sonner. Ou frapper. Si, si, même les coups, je suis preneur.
Silence.
- Y en a qui disent… que c’est moi qui suis sonné et frappé.Enfin, il paraît, parce que moi, je parle à personne.
Silence.
- Je veux dire… Personne me parle.
Silence.
- Enfin, si. Ma porte. Avec ses mots à elle. Des mots de porte. « Entre ! Sors ! Arrête ce courant d’air ! Je suis claquée, ce soir ! Un œilleton ? Et pourquoi faire ? Je ne te suffis plus ? ». Vous voyez le genre. Et que je te grince par ci. Et que je te craque par là.
Silence.
- Ah non ! Ne dites jamais ça ! Elle se vexerait ! Vieillir, elle ? Pas question ! Non, non, elle se patine, c’est autre chose ! Elle appelle ça « travailler » ! Bon, c’est pas tout ça, mais moi aussi j’ai du travail.
Il retourne derrière la porte.
Silence.
- Qu’est-ce que vous racontez ! Vous êtes fous ou quoi ? Un monde sans porte ! Impossible ! Inimaginable ! Ce serait…
Soudain un fracas de fin du monde et l’obscurité, puis une succession de flashes.
Lumière.
La porte a disparu.
L’homme est nu, transi, ses mains pudiquement devant lui, il regarde affolé autour de lui.
Pénombre, silence, grincement de porte (la porte est à nouveau là)
- Imaginez-vous. Premier homme. Tout seul dans la tempête de la création. Non merci, très peu pour moi. Moi j’ai ma porte. Et je ne m’en porte pas plus mal. Du reste, je vous ai assez vus.
Lumière.
Il étreint la porte par derrière et la soulève.
- Allez ! On s’emporte !
Il se met en route, puis s’arrête.
- Quoi, vous ? Je vous ai déjà dit qu’on n’avait plus rien à se dire.
Vacarme de chantier (grincement des grues, coups, engins qui manœuvrent t, cris d’ouvriers en plusieurs langues…)
Flash 1
Lumière clignotante.
Le contremaître est occupé à travailler sur l’échafaudage (il pourrait chanter ‘Nabucco’). Arrive un ouvrier avec sacoche en bandoulière et casque sur la tête.
Contremaître : Salut.
Migrant : Salut.
Contremaître : Qu’est-ce que tu dis ?
Migrant : Salut.
Contremaître : ‘Comprends pas. C’est quoi, cette langue ?
Migrant : Merde.
Contremaître : Ici, on parle une seule langue, tous la même. Faudra t’y mettre, mon vieux. Qui t’a embauché ?
Migrant : Je me suis embauché tout seul et je fais le con pour pas qu’il m’envoie chier.
Contremaître : Laisse tomber. On va opter pour la méthode accélérée. (Faisant des signes au migrant) Pose ton sac et monte par ici. Comment je vais expliquer à cet abruti qu’ici ça rigole pas, qu’on construit la première résidence nucléaire du monde, qu’on a intérêt à faire gaffe où on met les pieds et les doigts… Et merde ! Vais demander une prime, moi. C’est bien beau, le travail à la couleur, mais moi je suis daltonien, alors le macaque, là, faudra qu’il s’aligne, je suis pas bonne sœur, moi, ni la Sécurité Sociale. On va commencer par les choses faciles. Première leçon. (Il sort de sa besace un casque de chantier et l’enfonce violemment sur le crâne du migrant) Port du casque obligatoire.
philippe pilato vous accueille tous les jours de 0h à 0h sans interruption ni soldes ni licenciements abusifs
à l'encan: pièce du jour entrez sans frapper demain on joue gratis tu casses tu payes strapontins demi-tarif no dogs please but cabots bienvenus cave canem (l'ouvreuse mord) changement d'affiche tous les ralliez-vous à mon rideau/radeau rouge! vente de fleurs et de tomates en matinée seulement la femme-tronc tient la caisse je répète, la femme-tronc tient la caisse